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Un Geek chez les Paras

Le lundi 29 août 2005 à 23:34:: Laurent - CyberSDF:: Moi, ma vie, mes tribulations

Cela faisait un moment que le parachutisme m'attirait, surtout que j'avais déjà fait du parapente et du planeur, mais l'occasion ne s'est jamais vraiment présenté. Une chance, un collègue de travail est passionné de parachutisme et il nous (3 collègues du même bureau) a organisé un week-end para.

L'administratif et autres paperasse à la con.

Alors avant tout et même si cela semble évident, pour pratiquer le parachutisme, il faut être en bonne condition physique et, aller faire une visite chez le médecin, surtout pour obtenir un certificat médical sportif, c'est la crainte du geek (trop de clopes, trop de pizza, trop de bière, etc.).
Finalement je ne porte pas si mal que ça (ouf) la visite s'est bien passé mais ça coûte quand même pratiquement le prix d'un mois d'un serveur dédié à pas cher et c'est pas remboursé par la sécu :-/ .
Ensuite vient l'obtention de la licence et de l'assurance (1 an d'un bon hébergement mutualisé) ; Sur ce coup un peu énervé, ayant pris ma licence fin août j'ai payé toute une année :-C et en janvier faudra remettre ça ; S'ensuit moultes imprimés à remplir et à signer et forcément ils ne connaissent pas les formulaires en ligne avec signature électronique... Et ce n'est que la partie immergée de l'iceberg, je vous passe tout le reste...

On y va !

Pour faire un peu d'économies (de sous et de la planète), on a organisé un covoiturage. L'idée de départ était que je parte du boulot un peu plus tôt et que je récupère les autres à une station de métro ; Seulement notre organisateur en chef s'est fait retenir par le boss jusque tard. Pendant ce temps la je poireautais dans la caisse à la station de métro. Une fois libéré, pas de bol colis suspect et ligne de métro bloquée. Tan pis itinéraire de déroutement et je vais les chercher ailleurs (je ne vous raconte pas le plaisir que j'ai eu à passer boulevard Victor (les Maréchaux) un vendredi soir de mois d'août).

Direction donc l'École Française de Parachutisme de Le Blanc [1] situé à... Vous ne devinerez jamais... Eh si : Le Blanc (pour ceux qui ont la flemme de cliquer, c'est dans l'Indre) à 340Km de chez moi.

Évidement, arrivée de nuit tard le soir, visite du centre guidé par le collègue et la toute une bande de jeune qui faisait la fête à côté de la DZ (certainement une fin de stage). Forcément, au vu du bordel qu'ils ont fait toute la nuit, nous n'avons pas beaucoup dormis.

Première journée : Samedi 27/08/2005

Réveil tôt, trop tôt ! 7H15. Douche, petit dej, j'enfile mon T-Shirt Mozilla-Europe histoire de voir si il y en un qui me branche sur le sujet (ça n'a pas fonctionné ; Doivent pas connaître)

Comme dans tous les domaines, il y a bien évidement une partie théorique et quand on va pratiquer un sport ou on saute d'un avion en parfait état de marche et que seul un gros bout de tissus avec des ficelles vous empêche de vous écraser à terre je peux vous avouer que vous écoutez bien.
Au menu dans la salle de formation :

  • Le parachute (c'est quoi, c'est fait comment, quelles sont des différentes parties et comment elles s'appellent, etc. Bref tout un nouveau vocabulaire à apprendre. Mais bon je vous rassure c'est moins compliqué qu'un PC :-P )
  • La sortie de l'avion (ben oui on ne sort pas n'importe comment de l'avion quand on débute, ok le chargement du bios)
  • Le vol sous voile (bon ça c'est quasiment comme en parapente, j'connaissais. Bref lancement du système d'exploitation.)
  • Les incidents (peut y en avoir, donc il faut savoir quoi faire si il y a un bug)
  • La procédure de secours [2] (la aussi à savoir, même si il y a moultes sécurité automatique avec des voiles écoles.)

Nous arrivons donc au premier saut le soir vers 18h et je dois avouer qu'après toute une journée de théorie que je ne suis pas fâché d'y aller ; On me fournit un pépin [3] portant le numéro 13 (je ne suis pas superstitieux (ça porte malheur) mais bon, on y pense forcement). Mon collègue me prête un casque et des lunettes. Après un briefing avant vol et une vérification de notre équipement par le moniteur, auquel on nous a ajouté un altimètre et une radio pour le guidage de fin de vol, nous montons dans le Pilatus Porter par ordre inverse de sortie puis l'avion grimpe à 1000 mètres pour le premier largage. Le collègue confirmé est venu avec nous, c'est sympa de voir une tête connue et détendue dans l'avion mine de rien :-)
Arrive mon tour (2ème du 2ème largage), la porte est déjà ouverte, le largeur me dit de me mettre en place, me regarde, me fait un grand sourire (pour la caméra DV qu'il a au casque) et me dit ok, quand tu veux. La pendant 1/4 de secondes je repasse dans ma tête tout ce qu'il nous a dit sur la position de sortie d'avion puis les simulation faites au sol et... Je me lance dans le vide. Quelque secondes plus tard je sens comme si on m'avait attrapé en vol, sur le coup, un petit jet d'adrénaline dans les veines avant de réaliser que c'était tout simplement le parachute qui s'était ouvert. JE l'AI FAIT !!!
Me retrouver sous voile à une telle hauteur et surtout au-dessus d'un relief plat m'a quand même fait quelque chose de bizarre (ben oui je n'ai pratiqué le parapente qu'en montagne). Je cherche le centre des yeux et me dirige vers ma zone d'évolution (la ou on peu jouer un peu sous voile). Arrivée à 300m je me prépare à rentrer, de toute façon le DT me demande de faire des virages Laurent à droite, Laurent à droite, ça c'est la gauche patate... pour me ramener vers la zone de posée.
Je dois avouer que j'étais content de moi, j'ai fait un attérro sympa (pas trop courus, pas tombé, la voile est bien tombée devant moi), on ramasse le tout et je dépose en salle de pliage. On attend que tout le monde ai atterri puis débriefing de sortie d'avion avec vidéo à l'appui. Ma sortie de l'avion est correcte et si j'en fais une seconde comme celle ci je passe à l'étape suivante. Il est presque 19h, trop tard pour faire un cours de pliage, on remet donc ça à demain...

Seconde journée : Dimanche 28/08/2005

Encore un réveil tôt (avant 8h), toilette, petit dej, et pouf on rejoint le moniteur vers les 9h.
La il nous explique comment plier la voile et je dois avouer que c'est super chiant ! C'est pire que coder en java, vous dire... Mais bon c'est tout de même la condition sine qua none pour sauter, donc contre mauvaise fortune, bon cœur...
Enfin bref au bout de 2h30 de pliage fastidieux, c'est l'heure de manger, trop tard pour sauter, on remet ça à 14H.
Comme la veille, équipement, briefing, vérif, radio + alti toussa, puis on monte dans l'avion, cette fois ci je suis 1er du second passage.
La j'ai plus stressé dans l'avion (sûrement la pression de faire une aussi bonne sortie que lors du premier saut).
Arrive mon tour, le moniteur ouvre la porte, me dit de me mettre en place, puis me fait un grand sourire et me dit ok !. Je prend un quart de seconde de réflexion (ma position est elle bonne ? faut faire quoi déjà ?) et je me lance.
La j'ai un peu plus apprécié le temps entre de départ de l'avion et le moment ou le parachute est complètement ouvert. Les sensations étaient différentes et je me suis trouvé plus à l'aise sous voile qu'au premier saut. Je me suis donc amusé à faire la toupie (on tourne à fond d'un côté) mais le DT me lance par radio Laurent arrête de tourner. Zut pour une fois que je m'amusais bien... :-(
Arrivé à la hauteur de retour (400m), je me dirige vers la zone de retour, puis j'essaye de me caler sur une trajectoire qui me permettra de me poser juste en face de la salle de pliage (moins à marcher comme ça ; Tout le monde sait qu'un geek c'est fainéant). Seulement le DT lui s'en fiche que je doive marcher avec mon pépin dans les bras et me fait prendre une trajectoire scolaire pour bien me placer face au vent qui m'éloigne franchement des installations. Bien sur j'obéis mais plus je voyais la piste de décollage arriver (ne jamais atterrir sur la piste de déco !) tout en pensant que je m'éloignais des installations (donc faudra marcher) et surtout que par la il y avait des piquant (qui piquent) plus j'oublie que le sol se rapproche rapidement (bien plus vite qu'en parapente) et au dernier moment je me rend compte de ma hauteur (ou plutôt ma basseur dans ce cas la) et je freine à fond, je touche terre un peu trop rapidement à mon goût, cours un peu, bute dans un piquant et me vautre au sol (j'ai pas bouffé d'herbe mais presque :-p ).
Bref la main et mon amour propre un peu égratigné par cet attérro foireux, je range consciencieusement le bordel qu'est devenue ma voile et fait route vers la salle de pliage.
Direction la salle vidéo pour un petit débriefing vidéo des sauts de tout le monde et la dans ma tête je me demande si j'ai aussi bien réussi ma sortie qu'au premier saut. Arrive mon tour et finalement, c'était pas trop mal ; Moins bien que le premier (jambes pas assez écartées) mais correct.
A ce moment la le formateur me dit ça serait bien que tu fasse un troisième saut en OAPT ; Grosso merdo c'est un saut en automatique mais on ajoute au parachute une poignée à vide pour simuler l'ouverture manuelle. Si on en réussi bien deux d'affilié on passe en chute.
Mais qui dit saut, dit pliage, et moi le pliage j'aime pas trop et en plus si il me faut encore 2h30 pour plier ça va faire vraiment tard pour rentrer (c'est moi qui conduit en plus).
On se renseigne auprès du DT pour savoir si la prochaine fois je peux attaquer directement en OAPT sans passer par un OA classique pour revalider (parce que bon, les sauts c'est pas gratos) et une fois rassuré, je décide de ne pas faire de troisième saut pour attaquer directement en OAPT la prochaine fois.
On part donc plier, et me voila devant mon pépin telle une poule devant un couteau car j'ai complètement oublié comment on commençait. Je jette un oeil à gauche, cherchant des yeux quelqu'un qui commence à plier pour copier, ouf il y en a un et je copie pour le début. 2h et moultes vérifications faites par le formateur plus tard le parachute est enfin plié et je peux aller me reposer et profiter du soleil.

Il commence à se faire tard et il faut penser à rentrer. En plus bison futé à annoncé un dimanche rouge dans le sens des retours (galère). On charge la caisse et on est parti, direction Paris pour 340km avec la ferme intention de revenir et s'éclater un autre week-end para à Le Blanc.

EDIT : La vidéo des deux sauts (format mpeg, 2.1Mo)

Notes

[1] Je vais peut être leur proposer de refaire leur site car il n'est franchement pas terrible

[2] Petit adage humoristique mnémotechnique (mais il n'est pas vraiment vrai) : poignée de mousse, poignée de fer, si tu te trompe tu vas en enfer.

[3] nom argotique désignant le parachute

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Commentaire(s)

1. Le mardi 30 août 2005 à 11:14 :: Kro

Il est modeste le Lolo. Son saut n'était pas correct, mais parfait! Comme dans les livres. Ah il est fait pour ça, y'a pas de doute. Et même pas peur de sauter de l'avion en plus.Il est fort...C'est devenu mon buddy du para! :-P

2. Le mardi 30 août 2005 à 20:19 :: Fil

Merci Laurent pour ce super récit ! Dans la vidéo, on te voit ? Si oui, tu es le 1er ou le 2ème ? On se connait depuis des années mais on s'est jamais vus. Je suis curieux :-)

3. Le mardi 30 août 2005 à 20:21 :: Laurent - CyberSDF

Je suis dans les deux Fil :-) Saut n°1 puis saut n°2.

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